Nicolas Ionesco est né à Bucarest en 1919. Il est diplômé de l’Académie des Beaux-arts de Bucarest en 1945 et obtient une bourse du gouvernement français en 1946. Il s’installe à Paris et participe à l’atelier d’André Lhote puis dans celui de Fernand Léger jusqu’en 1948.
1950 marque le début, pour Nicolas Ionesco, d’une peinture bidimensionnelle, il utilise comme il l’a appris de son Maitre Fernand Léger 3 couleurs, le noir, le rouge et le blanc, posée en aplat et avec un petit nombre de formes géométriques.
Il expose pour la première fois en 1951 au salon des Réalités nouvelles et découvre l’œuvre abstraite de Mondrian lors de la visite de l’atelier de César Domela, dont il s’inspirera. Il invente de nouvelles figures rythmées et dans des proportions calculées, rien n’est laissé au hasard.
Après les lignes, la même année, il trouve la forme du losange, qu’il va décliner dans tous les sens. Ionesco déclare « Je fais des losanges, mais je les fais vibrer, ce qui est important est la vibration ». Ici les surfaces blanches occupent une place importante mais pas la totalité.
À partir de 1953-54, le blanc envahit toute la toile et au milieu, il crée par des halos de couleur une sorte d’espace cosmique.
Ces recherches nous permettent de mieux comprendre le cheminement de l’artiste dans la réalisation des 3 œuvres de 1955, 1957, 1958, que nous vous présentons aujourd’hui.
NICOLAS IONESCO (1919 – 2008)
Composition abstraite rouge, bleue et jaune sur fond blanc, 1955
Huile sur toile
Signé en bas à droite et daté 55
54 x 73 cm
Provenance
Atelier Nicolas Ionesco
1955, date de notre premier tableau la couleur fait sa réapparition. Ici Ionesco emploie les couleurs primaires, rouge, bleu, jaune et le blanc, dans les proportions des tableaux de Mondrian.
Dans cette composition, à gauche beaucoup de rouge, un peu de bleu plus ou moins dégradé, un peu de jaune mais rien de symétrique. Un certain équilibre est présent.
Les couleurs sont vives, pas de contour prédéfini, elles se perdent ou s’atténuent sur le fond blanc. Ici encore il poursuit sa recherche de la vibration par la couleur, beaucoup de lyrisme dans cette toile qui annonce une rupture pour l’informel et le tachisme.
NICOLAS IONESCO (1919 – 2008)
Composition abstraite en bleu et blanc, 1957
Huile sur toile
Signé en bas à droite et daté 57
73 x 100 cm
Provenance
Atelier Nicolas Ionesco
1957, sa peinture se libère dans ce tableau à prédominance de bleu sur un fond blanc, les formes ne sont plus préétablies, elles sont déposées au couteau sur la toile par aplat de bleu plus ou moins soutenu, plus ou moins pastel mélangé avec du blanc, un peu comme une mer avec des vagues, toujours cette recherche de vibration par la lumière bien présente dans cette composition. Le tableau devient dans sa totalité une surface vibratoire. De ce format horizontal, il se dégage une plénitude assumée et sublimée par ces assemblages de bleu.
Cette composition bleue le mènera à des œuvres où le jaune est éclatant et éblouissant réalisées selon la même technique. Ces tableaux de 1957 lui permettront d’accéder à une reconnaissance internationale, c’est à cette période qu’il se lie avec Yves Klein qui lui aussi effectue des recherches sur la couleur.
NICOLAS IONESCO (1919 – 2008)
Composition abstraite jaune orangée, 1958
Huile sur toile
Signé en bas à gauche et daté 58
Contresigné et daté 58 au dos en bleu clair, porte le n 441
46 x 33 cm
Provenance
Atelier Nicolas Ionesco
1958, notre dernier tableau est intéressant car il synthétise en quelque sorte ses recherches antérieures, avant qu’il ne change radicalement sa peinture à partir de 1960, abstraite et sombre puis figurative et stylisée. Ici reprise des couleurs primaires de façon très subtile où le jaune et le rouge se mélangent pour donner des teintes plus orangées.
On retrouve aussi par petites touches au milieu les 3 couleurs primaires présentes précédemment. Ici la peinture est plus travaillée notamment dans les fonds où l’on devine sous le blanc l’accumulation des couleurs primaires qui réapparaissent par transparence. Ce n’est plus une peinture monochrome, peut-être l’aboutissement de ses recherches sur l’abstraction.
1960 est l’année de la reconnaissance internationale pour ses peintures abstraites notamment les monochromes jaunes.
En France, à l’exposition « Antagonismes » au musée des arts décoratifs de Paris, un de ses tableaux est exposé entre un Rothko et un Sam Francis. Son travail change radicalement, après quelques essais encore de peinture abstraite sombre et riche en matière, il peint la terre. Ionesco s’orientera jusqu’à sa mort en 2008 vers une peinture figurative archaïsante et stylisée.
Il est présent dans de grandes collections sud-américaines, américaines et européennes et ainsi qu’au Kunstmuseum de Bâle et au centre Pompidou à Paris.
C’est un peintre singulier qui mérite d’être redécouvert et reconnu.
Référence : www.lespressesdureel.com, très bel ouvrage de Serge Lemoine :
« Nicolas Ionesco, du Spirituel dans l’Art »